Camp de Marienburg-Tessendorf

Situation

Marienburg est une ville située au sud est de Gdansk.

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En 1916, cette ville faisait partie de l’Empire allemand. Aujourd’hui, c’est une ville polonaise. Les déportés qui séjournent à Marienburg travaillent dans le camp de Tessendorf.

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Marienburg (le bourg, le camps de travail de Tessendorf, l’hôpital et le cimetière belge). Carte réalisée après visite par Donald Buyze.

Dans ce camp considéré comme un « camp de discipline », il y  avait environ 1000 prisonniers russes. En décembre 1916, furent envoyés quelques 400 déportés belges. Au mois de février 1917, arriva un nouveau convoi de Belges malades et épuisés parmi lesquels les deux tiers ne se tenaient pas debout.

Travaux effectués

A 20 min de Marienburg (Tessendorf), les déportés sont chargés de réaliser, sous la surveillance de militaires allemands baïonnette au canon – un Allemand pour cinq hommes -, un raccordement ferroviaire pour un dépôt de munitions. Les déportés piochent dans la terre gelée, chargent et déchargent des rails sur des wagons. Parfois, on leur demande aussi de décharger des camions de sacs de colis.

Conditions de vie

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Déportés lessinois à Marienburg, 1917. Devant à gauche, Hector Deloy (Lessines 1898-1963). A l’arrière à gauche, peut-être Henri Bertrand. (Archives Arlette Cattiez)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elles sont rudes. Comme nourriture, ils ne reçoivent que de la soupe au rutabaga et une petite quantité de pain. Quand ils refusent d’aller au travail, le commandant de l’Arbeit-Kommando, le capitaine de cavalerie Zimmerman ordonne de ne pas donner à manger aux Belges pendant quelques jours. Quand les déportés essaient de quémander du pain, aux religieux du camp ou quand ils essaient de voler, de nuit, des déchers de cuisine et des épluchures de pommes de terre, ils reçoivent des coups de crosse. La kommandantur donna même l’ordre de tirer sur les prisonniers qui s’approcherait du tonneau de nourriture pour les cochons (engraissés sur place et destinés à nourrir les officiers du casino).

En janvier, les civils belges sont obligés de travailler au vent et à la gelée. Durant les mois d’hiver 1916-1917, cinq à six Belges meurent chaque jour. Ils meurent de faim, de froid, des suites de rudes coups de crosse et de bâton.

Selon le témoignage d’un déporté de Nivelles, Ernest Byl :

« Plusieurs Lessinois, plus rebelles que leurs compagnons d’infortune, furent tués à coups de barre de fer alors que d’autres devaient rester durant des heures rassemblés quatre par quatre dans le «vent de bise» ou étaient réunis dans une espèce de fort humide et froid dont ils revenaient «persuadés» de la nécessité de travailler, faute de quoi jamais ils ne reverraient femme et enfants ».

Le commandant du camp, grand amateur de musique forme une société. Il oblige les déportés à verser une part de leur salaire pour l’achat d’instruments mais les musiciens ne se présentent pas. Finalement, pour les persuader, il leur octroiera une ration de soupe supplémentaire et les exemptera de travail l’après-midi si ils acceptent d’intégrer la société musicale.

Lessinois décédés dans ce camp

-BARBAIX Ernest (Lessines, 24.05.1866 – Marienburg 01. 01.1917)

-COUVREUR Emile (Lessines, 02.08.1872 – Marienburg 05.04.1917)

-DAUMERIE Arthur (Lessines, 10.11.1875 – Marienburg 19.01.1917)

-DELAUTRE Emile (Lessines 13.03.1877 – Marienburg 29.01.1917)

-DEPRETZ Joseph (13.06.1877 – Marienburg 04.01.1917)

-DESMOTTES Jules (Lessines 11.01.1895 – Marienburg 04.04.1917)

-DUBUISSON Albert (Lessines 20.07.1886 – Marienburg 28.12.1916)

-DUEZ Emile (Lessines 17.04.1897-Marienburg 20.05.1917)

-GRAVET Auguste (Lessines 20.01.1895 – Marienburg 22.01. 1917)

-HOUDIN Paul (Lessines 08.02.1861 – Marienburg 28.05.1917)

-JANSSENS Léon (Lessines 25.03.1885 – Marienburg 28.06.1917)

-LAMBERT Emile (Ghoy 06.04.1879 – Marienburg 22.02.1917)

-LENOIR Louis (12.12.1868-Marienburg 22.02.1917)

-LERINCKX Joseph (06.11.1883-Marienburg 13.02.1917)

-LERINCKX Joseph (24.12.1882 – Marienburg 03.01.1917)

-LIZON Nicolas (18.12.1888-Marienburg 10.02.1917)

-LOSTERMAN Emile (Lessines 16.07.1873 – Marienburg 19.04.1917)

-LUMEN Joseph Charles (Lessines 16.06.1881 – Marienburg 19.02.1917)

-MARQUEBREUCQ Jules (Lessines 16.12.1869 – Marienburg 16.01.1917)

-MINCKE Emile (03.03.1878 – Marienburg 07.01.1917)

-OSEE Joseph (Lessines 27.02.1863 – Marienburg 09.01.1917)

-OVENS Jules (24.10.1868 -Marienburg 08.03.1917)

-REMY Louis (Lessines 23.03.1877 – Marienburg 25 ou 26.03.1917)

-ROUSSEAU Jules (Lessines 29.12.1886 – Marienburg 04.01.1917)

-STEFANOLY Eugène (Lessines 05.06.1888 – Marienburg 29.03.1917)

Bibliographie


 

-Déposition du pope russe Stefirzi à la Commission belge d’enquête, publié dans Passelecq, p. 271.

-Liste des déportés civils de la Grande guerre réalisée en collaboration avec le Cercle de généalogie de Lessines et coordonnée par Marc Delaunoy, avril 2015.

-Témoignage d’Ernest Byl,dans art. « Septantième anniversaire de l’Armistice » par Jean Vandendries, paru dans Le Soir, 10 novembre 1988, p. 22.

-Journal intime d’Henri Bertrand (Archives Mercédès Descornez)