Camp de Monthermé sur Meuse

Situation

Le camp de Monthermé sur Meuse est situé à proximité de Charleville-Mézières en France. C’est un petit camp, situé le long de la Meuse, fréquenté avant les déportés belges par des prisonniers russes et roumains, évacués pour des raisons de maladies contagieuses (typhus notamment). Certains Lessinois pensant quitter l’Allemagne pour rejoindre leur ville natale en juin 1917 vont en fait être détourné vers la région de la Meuse pour être à nouveau déporté dans ce camp de Monthermé (dans le bataillon civil Z.A.B. n°20) dont le dépôt est à Charleville.

Travaux effectués

Dans ce camp, on produit des pierrailles et du macadam. Contrairement au porphyre de Lessines, la pierre extraite des carrières de Monthermé n’est pas très dure et est de couleur brun foncé.

Conditions de vie

Chaque prisonnier reçoit chaque jour une livre de pain, du café ou du thé le matin et le soir et le midi, une soupe souvent de mauvaise qualité.

Le travail est éprouvant physiquement. Beaucoup sont fort affaiblis et sont hospitalisés à l’hôpital de Sedan.

Le dimanche, les déportés ne travaillent pas à la carrière mais doivent nettoyer leurs chambres. Les inspections multiples et interminables des bagages, les appels fréquents, … rythment la vie au camp.

Ils peuvent poster une carte par semaine à leur famille et en recevoir une au camp mais ils ne peuvent mentionner où ils se trouvent (uniquement Z.A.B. n°20, Deustche Feldpost). Pour détourner cette règle, des Lessinois vont se faire photographier avec l’inscription écrite à la craie « Les carriers lessinois rescapés de Marienburg, Monthermé et la date » et ils vont envoyer cette carte à leur famille. La censure n’y voit que du feu et les familles à Lessines vont être rassurées et savoir où les déportés se trouvent. Des colis peuvent être expédiés aux prisonniers civils mais ils sont souvent volés et incomplets.

Il y avait parfois des évasions. Pour lutter contre ces phénomènes, les militaires allemands ont pris les cartes d’identité et de contrôle des déportés. Ils ont aussi interdit aux déportés de porter des bottines et les ont obligé à porter constamment et en vue une médaille avec les initiales Z.A.B., le numéro de bataillon et leur numéro de matricule.

Certains rejoignent Lessines avant la fin de la guerre. C’est la cas de certains malades, considérés comme invalides et rapatriés par ordre du docteur. D’autres, dès le mois de septembre 1917, reviennent accompagnés d’un soldat car ils ont été « réclamés » à Lessines.  Certains déportés et certaines familles de déportés envoyaient ainsi des lettres au bourgmestre pour faire réclamer le retour de déportés, indiquant qu’il y avait du travail dans les carrières à Lessines. Début 1918, plusieurs déportés de ce camp peuvent aussi revoir leur famille et leur ville. Après un long trajet en train, ils débarquent à Ghislenghien et font la route à pieds jusqu’à Lessines.

Bibliographie :


Témoignage de Jules Coléry (à compléter)